Concerti Grossi – Haendel


D’éblouissants Concerti Grossi à Chantonnay

Ce concert du dimanche en fin d’après-midi marque l’épilogue de la 9ème édition du Festival de printemps des Arts Florissants, un finale aux allures de couronnement d’une série de concerts de très grande qualité, qui ont attiré, en l’espace de quelques jours, plus de mille cinq cents spectateurs dans les églises du sud de la Vendée.

Si les Concerti Grossi opus 6 ont été composés en 1739 par Haendel pour être joués durant les entractes de ses opéras, il ne s’agit nullement de pièces mineures, bien au contraire. Le Caro Sassone y déploie tout son art de contrapuntiste allemand dans une savante orchestration, qui exige une précision minutieuse et des trésors d’agilité dans le registre des cordes. Son inspiration est très éclectique, puisant évidemment dans les sources italiennes (il avait côtoyé Arcangelo Corelli durant son séjour en Italie et continuait de lui vouer une grande admiration ; les Concerti Grossi sont d’ailleurs une forme d’hommage à ceux de l’Opus VI de Corelli) mais aussi françaises (notamment les ouvertures) et britanniques (les hornpipes)… et n’hésite pas non plus à y recycler quelques thèmes de ses opéras (comme le Piangerò de Giulio Cesare, repris dans l’Adagio du Concerto en do mineur).

Le concert débute par le Concerto n°1 en sol majeur. Emmené par le premier violon, Emmanuel Resche-Caserta, l’orchestre des Arts Florissants déploie un phrasé d’une grande fluidité dans le premier mouvement, A tempo giusto. Le second, Allegro, met en valeur la précision des attaques et le caractère aérien des cordes, soutenues par un dense continuo. A un Adagio expressif succèdent deux mouvements Allegro, dont le second adopte un rythme étourdissant, nous éblouissant par sa virtuosité.

Le Concerto n° 7 en si bémol majeur s’ouvre sur un court et majestueux Largo. Il est suivi d’un Allegro à la rapidité saisissante. Après un nouveau Largo très court, l’Andante est conduit par Emmanuel Resche-Caserta sur un rythme rapide, en totale complicité avec le reste de l’orchestre. La pièce s’achève sur un Hornpipe dansant, aux accents jubilatoires.

Le Concerto n° 8 en ut majeur débute par une Allemande rythmée. Les cordes se déploient majestueusement dans le Grave, avant un Andante véloce et toujours admirable de fluidité et de précision dans les attaques. Après l’Adagio et la Sicilienne, le concerto se conclut par un Allegro au rythme marqué.

Emmanuel Resche-Caserta nous régale d’un solo virtuose dans l’Andante larghetto e staccato éloquent qui ouvre le Concerto n° 11 en la majeur, dernière pièce du programme. A l’Allegro succède un Largo imposant, suivi d’un Andante agrémenté de nouvelles envolées virtuoses du premier violon, qui se poursuivront dans l’Allegro final.

La fin du concert est saluée par un tonnerre d’applaudissements. Le programme semblait bâti à la perfection pour illustrer la maîtrise technique et les qualités des Arts Florissants et de leur premier violon dans ce répertoire, avec une progression dans la difficulté qui suscitait chez les musiciens une complicité visible et croissante tout au long du concert, et un enthousiasme qui se communiquait sans peine au public devant le caractère irréprochable de l’exécution, virtuose sans être jamais sèche.

Après plusieurs rappels, les musiciens offrent au public un autre extrait de l’Opus VI, la Musette du Concerto n° 6, « un Concerto grosso que Haendel aimait jouer lors des représentations de ses opéras, afin de capter le public » nous précise Emmanuel Resche-Caserta. Un bis à nouveau salué par de chaleureux applaudissements.

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