Dimanche à Gstaad

Le riche panorama musical des concerts du dimanche des Sommets musicaux de Gstaad

Bach et Matteis père et fils à l’église de Rougemont

La matinée a débuté dans la sereine église romane de Rougemont, où Isabelle Faust a envoûté l’auditoire avec une interprétation d’une pureté et d’une intensité rares. Les sonates et partitas de Bach, empreintes d’une spiritualité profonde, ont résonné sous les voûtes de pierre, créant une atmosphère de méditation musicale. La Sonate n° 2 en la mineur, avec sa fugue complexe et ses mouvements introspectifs, a mis en avant la maîtrise technique et l’émotion contenue de Faust. La Partita n° 2, clôturée par la célèbre Chaconne, a captivé l’auditoire par sa puissance expressive et sa profondeur. Les œuvres de Matteis père et fils ont ajouté une touche de variété stylistique, offrant des contrastes vivifiants à l’élévation bachienne, et mettant en valeur la virtuosité et la finesse d’interprétation de Faust.

Répertoire romantique à la chapelle de Gstaad

L’après-midi à la Chapelle de Gstaad a été marquée par une connivence musicale parfaite entre Anastasia Kobekina et Béatrice Berrut. La tendresse des Fantasiestücke de Schumann, interprétée avec une subtile combinaison de mélancolie et de légèreté, a ouvert le concert sur une note intimiste. Les Trois romances de Clara Schumann ont révélé une palette émotionnelle riche, où la délicatesse du jeu de Berrut au piano a parfaitement complété le chant profond du violoncelle de Kobekina. La pièce de Berrut, An den Engel, a apporté une touche contemporaine d’une grande profondeur, évoquant des atmosphères à la fois éthérées et introspectives. La Sonate n° 2 de Brahms, puissante et lyrique, a permis aux deux musiciennes de déployer toute leur virtuosité et leur intensité expressive. Le bis, une Sicilienne de Fauré, a offert une conclusion d’une douce mélodie, rendant hommage à la musique française, apaisante et raffinée.

Récital baroque à l’église de Saanen

La journée de dimanche s’est conclue en apothéose à l’église de Saanen avec la prestation exceptionnelle d’Iestyn Davies, dont la voix pure et cristalline a transcendé les œuvres de Haendel et Mozart. La direction sensible et précise de Robin Ticciati a su mettre en valeur la richesse orchestrale du Chamber Orchestra of Europe, offrant des nuances subtiles et des dynamiques captivantes.

L’Ode pour l’anniversaire de la reine Anne a ouvert la soirée avec une majesté solennelle, tandis que les extraits d’Ottone et de Jules César ont permis au contre-ténor de démontrer toute l’étendue de sa palette expressive, alternant entre la détresse poignante et la ferveur dramatique. Le O Lord, whose mercies numberless de Saul a ému aux larmes par sa poignante supplication, et la Symphonie n° 35 de Mozart a apporté une clôture lumineuse et triomphale à cette soirée. Le bis, Sweet bird that shunst the noise of folly, a résonné comme une ultime caresse sonore, laissant le public sous le charme et transporté dans un univers de pure beauté.

Ce dimanche de musique a illustré avec éclat la diversité et la richesse des Sommets Musicaux de Gstaad, confirmant une fois de plus l’excellence de ce festival emblématique.

Publié le