De Bach au chant français

Un étonnant voyage musical

Un contraste saisissant

L’après-midi à la Chapelle de Gstaad a commencé par une prestation envoûtante de Timothy Ridout, dont l’alto a fait vibrer les murs de cette salle intime. La Suite n° 1 en sol majeur de Bach, interprétée avec une clarté et une chaleur remarquables, a plongé le public dans une atmosphère de contemplation. La pièce contemporaine de Caroline Shaw, In Manus Tuas, a offert un contraste saisissant avec son langage harmonique moderne et ses textures innovantes, tout en conservant un lien spirituel avec la musique de Bach. La Partita n° 2 en sol mineur a conclu le concert avec une intensité dramatique, mettant en évidence la maîtrise technique et l’expression émotionnelle de Ridout. Chaque note semblait raconter une histoire, transportant l’auditoire dans un voyage à travers les époques.

Le chant français à travers les siècles

La soirée à l’église de Rougemont a été un véritable voyage à travers les siècles de la chanson française, grâce à la complicité musicale de Lea Desandre avec son compagnon Thomas Dunford. Dans une ambiance féerique à la lueur des bougies, le duo a exploré un répertoire varié, alliant méditations baroques et chansons modernes. La voix chaleureuse et expressive de Desandre, alliée à la virtuosité et la sensibilité du luth de Dunford, a su captiver le public. Des œuvres d’Honoré d’Ambruys (c.1660- c.1702) et de Michel Lambert (1610-1696) aux mélodies intemporelles de Françoise Hardy et Barbara, chaque morceau était une invitation à la rêverie.

Le récital a été marqué par des moments d’émotion pure, comme dans les airs de Satie et Debussy, où la voix de Desandre semblait flotter dans l’espace sacré de l’église. Dunford, quant à lui, a non seulement accompagné avec finesse, mais a également surpris l’auditoire en ajoutant des touches ludiques, allant même jusqu’à imiter des aboiements lors d’un passage humoristique, démontrant ainsi une aisance et une connivence rares.

Le bis, Le Temps de l’amour, interprété en chœur avec le public, a créé un moment de communion et de joie partagée, clôturant la soirée sur une note légère et festive. Ce concert a parfaitement illustré l’idée de l’idylle musicale : une aventure tendre et poétique à travers les époques, où la passion pour la musique transcende le temps et les genres.

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