Water Music – Body & Soul Consort

Rêverie aquatique

Body & Soul Consort est un quintette créé par la soprano Ellen Giacone et qui regroupe autour d’elle Srdjan Berdovic (archiluth, guitare classique, guitare électroacoustique et basse électrique), Jean-Brice Godet (clarinettes), Adrien Alix (viole de gambe, contrebasse et basse électrique) et Srdjan Ivanovic (batterie, claviers et effets électroniques).

Le concert donné dans ce club de jazz était un concert de lancement du second album du quintette, album intitulé Water Music et conçu comme une plongée dans les formes et les symboliques de l’eau : miroir de l’âme, reflet du temps qui passe et des passions humaines, eau nourricière, eau comme élément de mort.

Couverture du CD. Photo : « Mathilde & la bouée » © Gil Rigoulet

La patte du quintette est de faire revivre des pièces anciennes au terme d’un minutieux travail de réécriture et de composition, intégrant une multitude de styles musicaux, en particulier le jazz, la bossa nova et les musiques des Balkans. Ainsi, Water Music s’attache à neuf compositions de musique ancienne, reprises d’œuvres de Dowland, Haendel, Purcell, Melli, Brossard et Tessier.

Ce nouvel album fait suite à un premier opus, publié en 2021, mêlant les répertoires jazz et baroque et intitulé I Put a Spell on You.

Le concert de ce soir mêlait des extraits des deux albums et on est vraiment impressionné par l’efficacité et l’habileté du mélange des styles. Conviés à une rêverie aquatique, on est immédiatement emporté par une ambiance de douce nostalgie,

Les différentes pièces interprétées sont toutes d’une très grande qualité et le pari de brouiller les frontières des différents styles et de conduire l’auditeur au gré des inspirations aquatiques est parfaitement réussi. Le mélange de instruments anciens et modernes est une vraie réussite et fonctionne parfaitement pour donner à ces œuvres, largement réécrites et réinterprétées, des couleurs tout à fait intéressantes.

C’est évidemment plus difficile avec la voix et c’est peut-être une des faiblesses du concept en général et de cette représentation en particulier. La jolie voix d’Ellen Giaccone est travaillée en mode très jazzy, un peu sud-américain mais pas du tout en mode lyrique ou baroque, limitant ainsi l’effet de mélange si bien réussi avec les instruments et les interprétations du quintette.

Néanmoins une très belle soirée, toute empreinte de poésie et qui fait voyager l’auditeur au-delà de ses frontières habituelles.

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