Des transpositions séduisantes
Alors que le soleil illumine Lyon de ses derniers éclats, la chapelle de l’Hôtel-Dieu de Lyon accueille ses premiers spectateurs. Comme toujours, le public est au rendez-vous. Les deux clavecinistes auront la chance d’avoir un public varié et impatient d’écouter les premières notes de ce concert. Les lumières s’éteignent ; Les Saôneurs, l’organisateur de l’événement pour la troisième année consécutive, nous accueillent pour ce 5ème concert du Festival May be Bach. Les artistes baignent dans une belle et douce lumière très intime, qui magnifie l’essentiel de ce concert : les artistes et leurs instruments.

Le programme de ce soir, audacieux, comprend plusieurs œuvres composées pour orgue ou pour orchestre et interprétées à deux clavecins. La magie et la dextérité de Loris Barrucand et Clément Geoffroy permettent de rendre compte du génie de Bach ! Les artistes arrivent sur scène, ouvrent leur clavecin finement décoré, s’installent, un clin d’œil lance le concert. La magie de ce duo, par cette musicalité douce, nous fait quitter le temps d’une soirée l’agitation de notre société pour se concentrer sur la musique du 18eme, abondante, généreuse, sophistiquée et joyeuse.


Il faut noter que la transcription de Pedal-Exercitium écrite pour orgue mais interprétée, ce soir, à deux clavecins donne une lecture novatrice et fait écho aux deux concertos de Vivaldi par son dynamisme et sa puissance ! Le rythme à quatre mains offre, à mon sens, une écoute plus riche avec une étonnante clarté. Les deux lignes musicales des clavecinistes se marient avec intelligence sans jamais se confondre. Plus généralement, le programme de ce soir à l’intelligence de prendre le spectateur par la main pour l’emmener dans cette musique du début du 18ème siècle, à Leipzig, à l’ombre de tilleuls. Durant tout le concert, le public est captivé par les notes qui sortent de ces deux beaux instruments. Certains suivent les mouvements de la tête, d’autres sont en pleine méditation, tandis que d’autres suivent avec une attention fine l’enchaînement des notes.
Les applaudissements, longs et généreux du public, traduisent à merveille la qualité du concert de ce soir. En bis, le duo nous honore d’une grande passacaille de Bach écrite pour orgue et jouée à deux clavecins. A la fin du concert, le public, curieux, se dirige avec attention vers les deux clavecins pour en apprécier la facture.

